Diffusions « Drive-in »

Écrit le 3/9/26 – Modifié le 3/9/26

Cinéma en plein air et drive-in : histoire et fonctionnement

Ce n’est un secret pour personne : les Américains ont parfois des idées un peu folles. Assez folles, en tout cas, pour décider qu’il était possible d’aller au cinéma, de profiter du plein air et de rester dans sa voiture en même temps. C’est ainsi qu’est né le drive-in, à la rencontre du cinéma, de l’automobile et des loisirs populaires. L’idée du cinéma en plein air était toutefois bien plus ancienne.

Les débuts du cinéma en plein air

En 1895, les frères Lumière mettent au point le Cinématographe, un appareil capable d’enregistrer, de tirer et de projeter des images animées. Après plusieurs démonstrations, la première séance commerciale a lieu à Paris le 28 décembre 1895. Les films de cette époque sont généralement très courts, souvent inférieurs à une minute, mais il ne s’agissait pas d’une limite technique absolue.

Au départ, les projections sont organisées dans des cafés, des théâtres, des fêtes foraines ou par des exploitants itinérants. Les salles permanentes se développent ensuite au début du XXe siècle. Des séances sont également proposées dehors dès cette période, notamment dans les pays au climat favorable. En Grèce, les premières projections estivales remontent à 1900 et l’Aigli Zappeiou, à Athènes, ouvre en 1910. Le cinéma sous les étoiles devient peu à peu une véritable tradition locale.

En Australie, le Sun Pictures de Broome accueille son public depuis le 9 décembre 1916. Toujours en activité, il est reconnu par le Guinness World Records comme le plus ancien cinéma en plein air encore exploité.

La naissance du drive-in

Le drive-in moderne apparaît aux États-Unis grâce à Richard M. Hollingshead Jr. Son brevet, déposé en août 1932 et accordé le 16 mai 1933, décrit un cinéma extérieur dont les rangées de voitures sont disposées en arc de cercle et légèrement inclinées. L’objectif est simple : permettre à chaque spectateur de voir l’écran sans être gêné par les véhicules placés devant lui.

Le premier établissement de ce type ouvre le 6 juin 1933 à Pennsauken, dans le New Jersey, juste à côté de Camden. Le concept connaît son véritable essor après la Seconde Guerre mondiale, surtout pendant les années 1950. La démocratisation de la voiture, le développement des banlieues et la possibilité de venir en famille contribuent à son succès. La voiture offre aussi un espace privé où chacun peut parler, manger ou régler le volume à sa convenance.

Le modèle recule ensuite avec la hausse du prix des terrains, l’arrivée de la télévision, de la vidéo domestique et des multiplexes. Il ne disparaît pourtant jamais complètement. En Europe, le drive-in de Gravenbruch, près de Francfort, fonctionne depuis 1960 et se présente aujourd’hui comme le plus ancien drive-in européen encore en activité.

Le retour des projections itinérantes

À partir de la fin des années 1980 et surtout dans les années 1990, les séances en plein air connaissent un nouvel intérêt. Les écrans démontables permettent d’installer un cinéma dans un parc, une cour, un stade, un parking ou sur une place publique. Le fabricant AIRSCREEN fait remonter son premier écran de cinéma gonflable à 1994. Ce type de structure est plus facile à transporter qu’un écran monté sur échafaudage, mais il doit être correctement dimensionné, lesté et sécurisé en fonction du vent.

La qualité d’une séance ne dépend pas seulement du film et du matériel. Il faut aussi tenir compte de la visibilité, de l’éclairage environnant, de la circulation du public, des issues de secours, de la météo et des nuisances pour le voisinage. Un beau lieu peut renforcer l’expérience, mais il ne compense pas une image trop sombre, un écran mal orienté ou un son en retard.

Comment fonctionne la projection ?

Le dispositif vidéo comprend une toile tendue ou gonflable, un projecteur professionnel et un serveur de lecture. Pour une véritable copie de cinéma numérique, le fichier utilisé est généralement un DCP. Un mélangeur ou une matrice vidéo peut être ajouté lorsque plusieurs sources doivent être gérées, par exemple un film, des bandes-annonces, une caméra ou une présentation.

Un seul projecteur peut suffire si sa puissance lumineuse est adaptée à la taille de l’écran. Deux appareils peuvent aussi être superposés afin d’augmenter la luminosité, mais cette solution demande un réglage précis de la géométrie, des couleurs et de la synchronisation. Dans tous les cas, la projection commence normalement après la tombée de la nuit, car la lumière ambiante réduit fortement le contraste de l’image.

Le son dans un drive-in

Pour un cinéma en plein air classique, le son peut être diffusé par des enceintes réparties devant et autour du public. Dans un drive-in, cette solution devient moins pratique : les carrosseries et les vitres atténuent le son, tandis qu’un système très puissant risque de gêner les riverains. La diffusion FM reste donc la solution la plus courante. Chaque spectateur règle son autoradio sur la fréquence annoncée et choisit lui-même son volume.

La chaîne technique est assez simple. Le signal audio sort du serveur ou de la console, passe éventuellement par un processeur chargé d’égaliser et de limiter le niveau, puis entre dans un émetteur FM. Celui-ci alimente une antenne installée sur un mât et réglée pour couvrir uniquement la zone utile. Le RDS peut afficher un nom sur l’autoradio, mais il n’est pas indispensable à la transmission du son.

Comparatif des solutions proposées

TDF propose une prise en charge complète de la diffusion FM : accompagnement pour la demande d’autorisation auprès de l’Arcom, fréquence temporaire, installation du matériel, couverture du site et démontage. Cette formule convient à un organisateur qui souhaite confier toute la partie radio à un seul prestataire. L’écran et la projection vidéo ne figurent toutefois pas dans l’offre présentée et doivent donc être prévus séparément.

PHF Com propose une solution davantage orientée vers le matériel. Ses émetteurs réunissent la diffusion FM, le traitement multibande du son et le codage RDS. L’entreprise peut choisir l’antenne, fournir et installer les équipements ou les louer pour une manifestation ponctuelle. Cette formule est adaptée à une équipe qui possède déjà son écran et son système de projection, mais qui a besoin d’une chaîne FM prête à fonctionner. L’accompagnement administratif n’est pas détaillé.

SL Technologie propose l’offre audiovisuelle la plus large : projection sur écran géant, son en FM, écrans montés sur remorque, émetteurs, antenne dipôle et codeur RDS. Certains écrans pourraient être installés en une heure. Cette solution permet de réunir l’image et le son chez le même prestataire. L’entreprise mentionne encore le CSA dans son descriptif, mais toute nouvelle demande doit aujourd’hui être traitée avec l’Arcom.

Les trois offres reposent sur la même base, mais ne répondent pas au même besoin. TDF se distingue par l’encadrement réglementaire et la couverture FM clé en main. PHF Com se concentre sur la fourniture ou la location du matériel radio. SL Technologie réunit l’écran, la projection et le son. Le choix dépend donc du matériel déjà disponible, de la surface à couvrir, de la présence ou non d’une équipe technique et du niveau d’accompagnement recherché.

En France, une fréquence FM ne peut pas être choisie librement pour couvrir un événement. Une autorisation temporaire doit être demandée à la délégation territoriale de l’Arcom, qui recommande de déposer le dossier au moins trois mois avant la diffusion. La projection elle-même obéit à d’autres règles. Pour une séance non commerciale en plein air portant sur un film d’au moins soixante minutes, une autorisation du CNC est nécessaire. Elle ne remplace pas l’accord des ayants droit : une copie achetée dans le commerce ou un abonnement à une plateforme ne donnent pas le droit de projeter publiquement le film.

Peut-on remplacer la FM ?

Plusieurs solutions sont possibles, mais aucune ne remplace encore la FM dans toutes les situations.

Des enceintes traditionnelles conviennent à un public assis hors des voitures, à condition de maîtriser la couverture sonore et les nuisances. Des casques sans fil peuvent offrir une écoute précise et silencieuse, mais il faut les distribuer, les recharger, les nettoyer et gérer les pertes. Cette solution devient vite lourde pour plusieurs centaines de personnes.

Une diffusion audio sur un réseau Wi-Fi local est également envisageable. Les spectateurs se connectent à une page ou à une application, puis utilisent leur téléphone, éventuellement relié au système audio de la voiture. L’idée évite la fréquence FM, mais elle exige un réseau capable d’accueillir beaucoup d’appareils. Les variations de délai, les interférences et les différences entre téléphones peuvent aussi provoquer un décalage entre l’image et le son.

Le Bluetooth classique est surtout conçu pour relier deux appareils et se prête mal à une diffusion simultanée vers un grand nombre de voitures. La technologie Auracast, fondée sur le Bluetooth LE Audio, permet au contraire de diffuser un même programme à plusieurs récepteurs. Elle est prometteuse pour les lieux publics, mais tous les téléphones, écouteurs et autoradios en circulation ne sont pas encore compatibles. Elle peut donc servir de complément ou faire l’objet d’un test, mais pas encore de solution universelle pour un drive-in ouvert à tous.

Pour le moment, la FM conserve trois avantages décisifs : elle est déjà reçue par presque toutes les voitures, elle supporte un grand nombre d’auditeurs sans saturer et son délai reste faible et stable. Une formule hybride peut néanmoins être intéressante, avec la FM pour les véhicules et quelques enceintes ou récepteurs dédiés pour les spectateurs qui ne disposent pas d’un autoradio adapté.

Sources :

Institut Lumière — Le Cinématographe Lumière
https://www.institut-lumiere.org/le-cinematographe-lumiere

Brevet américain US1909537A de Richard M. Hollingshead Jr. — Drive-in theater
https://patents.google.com/patent/US1909537A/en

Smithsonian Magazine — The History of the Drive-In Movie Theater
https://www.smithsonianmag.com/arts-culture/the-history-of-the-drive-in-movie-theater-51331221/

Office national hellénique du tourisme — Star-studded Summer Nights
https://www.visitgreece.gr/en/inspirations/star-studded-summer-nights

Guide officiel d’Athènes — Open Air Cinemas
https://www.thisisathens.org/arts-entertainment/urban-culture/open-air-cinemas

Guinness World Records — Oldest open-air cinema in operation
https://www.guinnessworldrecords.com/world-records/oldest-open-air-cinema-in-operation

Sun Pictures Broome — History of Sun Pictures
https://www.broomemovies.com.au/sunpictures/history-of-sun-pictures

DRIVE IN Autokino Gravenbruch — Histoire et informations techniques
https://autokinogravenbruch.de/unser-autokino/

AIRSCREEN — Site du fabricant
https://www.airscreen.com/en/

AIRSCREEN — Histoire du cinéma en plein air, source principale du passage historique d’origine
https://ecrangonflable.wordpress.com/histoire/histoire-du-cinema-en-plein-air/

Centre national du cinéma et de l’image animée — Séances en plein air
https://www.cnc.fr/a-propos-du-cnc/missions/reglementer/diffusion-non-commerciale/seances-en-plein-air

Arcom — Formulaire pour créer une radio temporaire
https://www.arcom.fr/radio-et-audio-numerique/formulaire-pour-creer-une-radio-temporaire

TDF — Offre Drive-In
https://www.tdf.fr/wp-content/uploads/2026/01/Fiche-produit_Drive-In.pdf

PHF Com — Cinéma drive-in
https://phfcom.fr/actualites/cinema-drive-in-5.php

SL Technologie — Drive-in, événements plein air
https://www.sltechnologie.fr/produit/drive-in-evenements-plein-air/

Bluetooth SIG — Auracast pour les lieux publics
https://www.bluetooth.com/auracast/public-locations/

AWS — Effets des interférences et de la congestion sur une liaison Wi-Fi
https://docs.aws.amazon.com/connect/latest/adminguide/network-ts.html

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Sophia Bennett is an art historian and freelance writer with a passion for exploring the intersections between nature, symbolism, and artistic expression. With a background in Renaissance and modern art, Sophia enjoys uncovering the hidden meanings behind iconic works and sharing her insights with art lovers of all levels. When she’s not visiting museums or researching the latest trends in contemporary art, you can find her hiking in the countryside, always chasing the next rainbow.